European Payments Initiative : les banques lancent leur scheme européen

LES FAITS

  • Comme annoncé il y a quelques jours, seize banques officialisent aujourd'hui leurs travaux autour d'un nouveau scheme de paiement européen.
  • Baptisé EPI (ex-PEPSI), il vise à harmoniser et digitaliser les paiements en Europe.
  • Concrètement, ces seize banques européennes vont, dans les prochaines semaines, écrire leur feuille de route technique et opérationnelle pour ce projet, puis le mettre en oeuvre et travailler à l'expérience utilisateur.
  • Ces travaux seront menés via la création d'une société intérimaire basée à Bruxelles. L'ensemble de ces travaux seront supervisés et validés par chacune des banques impliquées.
  • Banques participantes :

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  • Cas d'usage et moyens de paiement :
    • carte
    • wallet mobile
    • transferts d'argent en P2P
  • Techniquement, la particularité d'EPI est de conserver facialement l'acceptation de divers moyens de paiement, dont la carte, mais de s'appuyer uniquement sur l'infrastructure du virement instantané (SCTinst) pour le règlement de ces transactions.

ENJEUX

  • Digitaliser et unifier. 50 % des transactions de paiement de détail en Europe sont réalisées en espèces (source : Banque de France). Le premier objectif d'EPI est donc de contribuer à digitaliser ces transactions en proposant un moyen de paiement unique et dématérialisé, accepté dans toute l'Europe.
  • Redonner à l'Europe sa souveraineté en matière de paiement. Face à la prééminence des américains Visa et Mastercard, la BCE se serait inquiétée de l'absence d'alternative européenne ; d'où cette concertation inédite des acteurs européens pour construire un scheme local. L'urgence de ce rapprochement s'explique aussi par l'avantage qu'il représenterait sur un marché extrêmement fragmenté en termes de moyens de paiement, qui freine à la fois l'innovation et son accpetation par les utilisateurs. Le succès d'EPI permettrait d'implanter durablement le virement instantané, de pousser la dématérialisation et d'encourager les cas d'usage innovants dans un cadre totalement harmonisé.
  • Des freins à lever. Au-delà des freins financiers (les investissements seront très élevés pour parvenir à mettre sur pieds ce projet), les participants d'EPI devront aussi parvenir à imposer une nouvelle marque aux côté de Visa et Mastercard, remarquablement bien implantés.

MISE EN PERSPECTIVE

  • Il existe un précédent à EPI ; il s'agit de Monnet, un scheme carte européen finalement abandonné en 2012. A l'époque, en l'absence de virement instantané, Monnet n'était envisagé que comme un scheme monétique, qui n'a pas su s'imposer comme une alternative crédible à Visa et Mastercard. Aujourd'hui, la situation est différente, puisque le scheme SCTinst est opérationnel et a déjà montré tout le potentiel du virement instantané. D'après les chiffres de l'EPC, 6 % des virements SEPA seraient désormais des virements instantanés. Ces premiers succès devraient contribuer à la réussite d'EPI.
  • L'EPC vient d'ailleurs d'annoncer un relèvement du plafond du montant du virement instantané, qui passe de 15 000 à 100 000 euros.
  • Dans le même temps, Visa et Mastercard ne cachent pas leurs ambitions en matière de paiement instantané. Mastercard a ainsi racheté VocaLink en 2017, l'opérateur britannique qui gère les virements en quasi-temps réel, Faster Payments. Mastercard a également lancé une solution de Request to Pay avec VocaLink. Visa, pour sa part, a réalisé un pilote avec Pay.UK.

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