Un coup dur pour le crowdfunding immobilier

Terlat, le promoteur immobilier qui a eu recours à plusieurs reprises aux deux principales plates-formes de crowdfunding immobilier WiSEED et Anaxago pour financer ses programmes, a fait l’objet d’un redressement judiciaire.  

Spécialiste de l’ossature bois, Terlat a levé par le biais de WiSEED et Anaxago, près de 2,8 millions d’euros, auprès de quelque 500 particuliers, pour ses six projets immobiliers. La société avait promis aux investisseurs un rendement brut annuel très attractif, dépassant les 10 %.

Terlat n’a pas tenu ses engagements. Les investisseurs qui ont confié leur argent via les projets présentés pourraient tout perdre. Le promoteur n’a pu rembourser que 300 000 € sur les 560 000 € prêtés par WiSEED dans le cadre du projet « Le passage ».

Les deux plates-formes de crowdfunding qui se sont retrouvées mêlées à cette première faillite majeure du secteur immobilier, devraient préparer leurs investisseurs à des pertes potentielles. Sur ce projet en particulier, le ticket moyen était de 2 500 euros, pour un montant maximal investi de 40 000 euros.  En cas de liquidation, les créanciers seront remboursés par ordre de priorité, cela laisserait par conséquent peu d’espoir aux investisseurs.

Notre Analyse : Le crowdfunding immobilier menacé par ce premier défaut de paiement ?

Le succès du crowdfunding immobilier sur le marché français ne se dément pas. Les promoteurs font de plus en plus appel aux plates-formes de financement participatif pour financer leurs programmes. Anaxago, l’une des plates-formes à la plus forte notoriété, a levé 75 millions d’euros au travers de 188 programmes immobiliers en 2016.  

Les chiffres réalisés par les plates-formes françaises ont atteint des proportions importantes durant les deux dernières années. Suite à la publication du décret autorisant les plates-formes de crowdfunding immobilier à collecter des montants supérieurs à 1 million d’euros, celles-ci sont passées à la vitesse supérieure, en proposant des rendements allant jusqu’à 12 %. Or, qui dit rendement élevé dit risque élevé. Comme l’a démontré l’exemple du promoteur immobilier Terlat qui  fait face à une cessation de paiement, une procédure judiciaire qui porte atteinte à l’image du crowdfunding immobilier.  Les deux plates-formes impliquées devront donc revoir leurs critères de sélection qui pourraient être plus stricts dans l’avenir. WiSEED n’a d’ailleurs pas tardé à réagir en lançant un nouvel indicateur qui permet désormais aux épargnants de suivre la situation financière des promoteurs en temps réel. Il y a quelques mois, WiSEED avait également lancé un outil de scoring permettant aux investisseurs de mieux évaluer le risque de chaque programme immobilier.   

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