Retour d’expérience : Bó ferme ses portes

LES FAITS

  • Royal Bank of Scotland vient de faire un choix radical : celui de fermer Bó, la néo-banque filiale de Natwest, lancée en décembre dernier. a donc vécu moins de six mois. 
  • Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer cet échec :
    • Bó subit les conséquences directes de la crise liée au Covid-19, qui a ralenti l’ensemble des projets de la banque et a surtout contraint RBS à recentrer sa stratégie d’investissement. 
    • Sa direction aurait aussi commis des erreurs, ayant notamment conduit au remplacement de milliers de cartes de paiement début février, pour se mettre en conformité avec les règles européennes relatives à l’authentification forte des clients, notamment pour les transactions sans contact.
    • L’application a reçu un accueil très mitigé des utilisateurs, qui l’ont mal notée sur les plates-formes de téléchargements
  • Les comptes Bó existants ne seront pas fermés dans un premier temps. RBS assure à ses clients qu’ils seront prévenus 60 jours avant leur fermeture effective.  
  • La plate-forme technologique de Bó sera fusionnée avec Mettle, la plate-forme bancaire en ligne dédiée au PME lancée un peu plus tôt par RBS.

CHIFFRES-CLES

  • Décembre 2019 : lancement officiel
  • 2 PDG se sont relayés pour (tenter de) gérer Bó
  • 3 500 clients enregistrés
  • 6 000 émissions de cartes en février, contre 30 000 espérées
  • 11 000 clients en avril 2020, dont la plupart seraient des « friends & family » de RBS

 

ENJEUX

  • Un choix pragmatique en période de crise. L’échec de Bó est bien sûr directement lié à la crise consécutive au Covid-19. Son émergence, juste avant la période de confinement, n’a pas permis à RBS de lui accorder le soutien et l’accompagnement nécessaires et la néo-banque dédiée aux Millennials n’a pas eu le temps de trouver son public. Le groupe dit avoir vu ses bénéficies diminuer de moitié depuis le début de la crise sanitaire.
  • Bó était présentée par RBS comme une réponse frontale aux Starling Bank, Monzo et autres Revolut, dont les offres bancaires alternatives brillent sur le marché, mais qui, tout comme elle, connaissent actuellement des difficultés. 

 

MISE EN PERSPECTIVE

  • RBS a choisi de lancer sa propre néo-banque suite à l’échec du rachat de monzo en 2017. Elle fait aujourd’hui les frais de ce qui s’est avéré être un mauvais timing de lancement, mais réagit rapidement face à cet échec.  
  • Il est intéressant également de constater que Bó n’a pas survécu à ces difficultés, alors que son pendant BtoB, Mettle, va poursuivre son activité. Mettle s’adresse aux entrepreneurs et aux PME et son offre est testée par RBS depuis octobre dernier. Le contexte semble effectivement plus favorable aux acteurs BtoB, dont le rôle d'accompagnateur est primordial en période de crise. .

En poursuivant votre navigation, vous acceptez le dépôt de cookies tiers destinés à améliorer votre expérience utilisateur.

J'accepte Non, en savoir plus