Réseaux : le choix du scheme est entré en vigueur

Depuis le 9 juin, les commerçants et les consommateurs français sont en droit de choisir le réseau chargé de traiter leurs flux de paiements par carte. Les transactions ne sont donc plus dirigées automatiquement vers le GIE CB : une possibilité pour les réseaux internationaux de gagner des parts de marché, mais surtout une incertitude sur les modalités d’application de cette mesure qui est loin d’être opérationnelle.

Ce règlement porte sur les transactions effectuées au moyen de cartes co-badgées. Pour la France, il concerne donc près de 95 % du parc et, pour l’essentiel, les combinaisons Visa ou MasterCard et CB.

Avant la mise en œuvre de ce règlement, les flux domestiques étaient automatiquement orientés vers Cartes Bancaires. Concrètement, le commerçant choisit son réseau de paiement mais le client doit pouvoir disposer de la possibilité de privilégier un autre réseau, au moment de la transaction.

Pour les paiements en ligne, des ajustements techniques sont donc à prévoir pour diriger les paiements vers le réseau sélectionné. En point de vente, il est possible d’envisager une fenêtre d’options au niveau du TPE. Ou, si le commerçant définit un réseau par défaut, une option à sélectionner au moment de la saisie du code PIN. Ces options impliquent des mises à niveau et pourraient demander une année avant la mise en œuvre effective.

Notre analyse : Une suprématie des réseaux internationaux à venir ?

Cette annonce laisse entrevoir une guerre des prix entre réseaux internationaux et domestiques. Pour rappel, depuis décembre 2015, la commission d'interchange payée par la banque du commerçant à celle du client est plafonnée et refacturée au commerçant. Une nouvelle guerre s’annonce donc entre les réseaux pour séduire les commerçants et, par rebond, les clients finaux.

La plupart des scénarios envisagés en magasin risquent toutefois d’être difficiles à implémenter. Par ailleurs, ils pourraient impacter les déploiements sans contact en cours, puisque le choix du réseau ajoute nécessairement une étape. En fin de compte, le client pourrait donc avoir à se conformer au choix prédéfini par le commerçant par souci de fluidification des encaissements.

Dans tous les cas, ce règlement amène d’abord une complexification des parcours clients, liée aux différentes options retenues d’un commerce à l’autre. Voire aussi, un impact sur le choix effectif des consommateurs, dont les cartes pourraient ne plus être acceptées par les commerçants (les cartes affaires par exemple, dont les commissions sont plus élevées).

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