Oneytrust : « La promesse que nous faisons, c’est moins de contrôle pour plus de sécurité. »

Oneytrust : « La promesse que nous faisons, c’est moins de contrôle pour plus de sécurité. »

La toute jeune filiale de Oney, spécialisée dans la sécurité des paiements et la reconnaissance client, voit dans la DSP2 un facteur d’opportunités. Sa proposition de valeur ? Recréer de la confiance entre les individus.

Rencontre avec son CEO, William Ben Chemouil.

Quelle est la genèse d’Oneytrust ?

William Ben Chemouil (WBC) : « Oneytrust a vu le jour en 2018, de la fusion des marques SellSecure et FIA-NET, rachetée en 2016 par Oney. Il a fallu faire le tour des forces, réorganiser et repenser les sites afin de créer une image et une dynamique commune à des équipes qui étaient auparavant en concurrence sur le marché.   

Oneytrust est née du crédit à la consommation, puisque la première analyse data que nous avons faite est sur le paiement en 3 et 4 fois de Oney, dont nous sommes un facteur de différenciation clair. Nous avons grandi par l’e-commerce, grâce notamment à l’acquisition de FIA-NET, et nous nous sommes émancipés par les technologies.

Nous sommes convaincus que faire subir des contrôles à des clients honnêtes est une forme d’injustice. L’exposition à des risques est certaine et il faut s’en protéger ; mais est-ce que le prix à payer est la gêne de tout le monde, dans une économie qui se digitalise et qui cherche le frictionless à chaque instant ? Voir les choses de ce point de vue permet de se préoccuper d’abord du consommateur. Et par raisonnement inversé, en se préoccupant des vrais consommateurs, nous éliminons les fraudes. »

« Faire subir des contrôles à des clients honnêtes est une forme d’injustice. »

Quelques mots sur vos activités ?

WBC : « Le premier métier de Oneytrust est d’apporter de l’analyse de risque en temps réel sur des transactions. Et historiquement, ce métier s’est d’abord exercé sur l’analyse des commandes pour l’e-commerce. Nous traitons les données de la commande (le panier, l’adresse de livraison, l’identité, l’adresse de facturation, etc.) et nous décidons quel niveau de confiance nous pouvons leur associer.

Au-delà de l’e-commerce, nous pouvons également développer cette expertise sur des interactions autres que le paiement, comme par exemple les petites annonces, pour s’assurer qu’il ne s’agit pas d’arnaques. Nous travaillons aussi sur l’omnicanalité ; nous étudions notamment comment l’analyse du comportement en magasin permet de savoir quand il faut contrôler un client dans un parcours de scan&go.

Nous permettons aussi à nos clients de simplifier la phase de souscription en automatisant les contrôles à l’intérieur du parcours, grâce à notre solution On Boarding. Nous combinons notre expertise en matière d’analyse de données à du traitement d’image en temps réel, qui va jusqu’à la reconnaissance faciale. L’idée étant toujours de rendre l’expérience ludique pour le consommateur final.

Enfin, la dernière brique de notre offre est Digital Review, à destination des professionnels du paiement mais aussi des CMS. Elle permet instantanément de valider la cohérence des données - par exemple si un e-mail ou un numéro de mobile appartiennent vraiment à la personne telle qu’elle déclare être - et donc de créer de la confiance fondée sur les éléments déclaratifs et éviter ainsi les contrôles.

La magie de cette technologie est de faire cela sans conservation de données. Du point de vue du RGPD, c’est une garantie absolue de ne pas ré-exploiter les données pour des finalités différentes de celle prévue initialement, à savoir lutter contre la fraude en ligne. »

Comment fonctionnent vos solutions de scoring ?

WBC : « La première étape consiste à récupérer un flux de données contextuelles, avant le paiement, pour pouvoir en faire l’analyse du risque en temps réel. Cela nous permet de déterminer les typologies de risque que nous pouvons identifier, mais aussi les non-risques pour simplifier leurs parcours.  

La deuxième étape consiste à enrichir cette donnée pour recalculer un second niveau de risque. Dans l’intervalle, nous pouvons délivrer des calculs intermédiaires pour aider à analyser ce risque de façon progressive.

Grâce à l’autorisation CNIL dont nous disposons, nous pouvons mutualiser la donnée de tous nos clients et la traiter dans la finalité exclusive de la lutte contre la fraude. Elle est précieuse parce qu’elle permet finalement de faire bénéficier l’ensemble des acteurs du même secteur de notre capacité d’analyse et de cette mutualisation de la donnée.

Aujourd’hui, Oneytrust est installée chez plus de 200 commerçants cela veut dire que toute cette connaissance contextuelle du paiement est déjà faite et peut bénéficier à l’écosystème tout entier. »

Quelles sont vos cibles ?

WBC : « Nous sommes présents sur tous les secteurs de la distribution, y compris les services de CtoC. Du côté des banques, nous sommes positionnés sur les banques de détail et les banques de crédit à la consommation. Nous sommes aussi présents auprès des FinTech et des AssurTech.

Via des partenariats, nous travaillons également avec des PSP, des CMS et des acteurs du conseil, pour que nos offres soient intégrées dans la phase de conception des produits. »

Quelle est votre couverture géographique aujourd’hui ?

WBC : « De par notre histoire, nous travaillons principalement en France, et de plus en plus en Europe, mais notre technologie est globale. Il y a toutefois plusieurs degrés de pertinence selon les zones géographiques.

La technologie de validation de l’identité digitale fonctionne très bien en Amérique du Nord et en Europe (80 % de pertinence) ; elle fonctionne assez bien en Amérique du Sud et en Australie (60 % de pertinence) ; et il existe un troisième niveau en Asie et en Afrique (30 % de pertinence).

C’est une question de signaux faibles et de capacité à recréer des modèles d’interprétation de ces signaux. En effet, les usages et les comportements autour des données que nous analysons ne sont pas toujours les mêmes. En Chine, par exemple, nous avons constaté que les consommateurs peuvent changer de téléphone et de numéro tous les 6 mois ; en Europe, même en cas de changement de téléphone ou d’opérateur, le client veillera à conserver son numéro. 

Comment vous différenciez-vous de vos concurrents ?

WBC : « Dans le digital, la fraude a une caractéristique très forte : c’est qu’elle change de mode opératoire en permanence. Nous ne pouvons par conséquent pas nous fonder uniquement sur du machine learning pour faire croire à nos clients qu’on les protège. En réalité, l’apprentissage est beaucoup trop volatil pour pouvoir identifier une caractéristique par cette approche.

Nous pensons que l’analyse crédit, de laquelle nous sommes nés, nous a donné une compréhension particulière de ce qu’est un risque. Un risque n’est pas constitué uniquement par une identité ou un moyen de paiement, mais c’est un ensemble de signaux qui peuvent provenir d’autres éléments. Notre analyse des opérations et notre capacité à faire le lien entre les différentes thématiques de risque créent une intelligence métier qui est une vraie force.

De plus, la technologie que nous avons mise au point sur l’identité digitale est encore rare en Europe. Les acteurs que nous voyons arriver sont plutôt originaires d’outre-Atlantique et d’Israël, qui sont des pays plutôt bien financés sur les marchés de l’exploitation de la data. Or, nous avons créé une technologie française, hébergée en France, avec 100 % de capitaux français. »

« Nous ne pouvons pas nous fonder uniquement sur du Machine Learning pour faire croire à nos clients qu’on les protège. »

Que change l’entrée en vigueur de la DSP2 pour vous ?

WBC : « La raison d’être de FIA-NET était de protéger un marchand qui n’avait aucun moyen de se protéger. Ensuite, 3DS est arrivé et lui a donné une alternative gratuite de la part des banques et une responsabilité partagée. Mais à chaque fois qu’il choisissait de prendre le 3D Secure, il perdait 12 à 15 % de ses achats clients. La DSP2 et les RTS ont arbitré en disant que la fraude est le problème de l’émetteur et non pas celui du commerçant.

La DSP2 a pensé le risque de fraude par prisme du paiement et de la sécurité par l’analyse des transactions monétiques. Or, la caractéristique essentielle de la fraude en ligne est de s’adapter plus vite que n’importe quel règlement. Dans ce contexte, le facteur d’exemption prend tout son sens. Il y a désormais un vrai pilotage métier à réaliser : l’analyse d’achat est complémentaire à l’analyse de la transaction ; notre savoir-faire historique est devenu un avantage concurrentiel pour créer les conditions d’exemption optimales. L’entrée en vigueur de la DSP2 est donc une contrainte qui s’est transformée en opportunité pour Oneytrust. »

« La DSP2 est une contrainte qui s’est transformée en opportunité. C’est devenu un avantage concurrentiel que de créer les conditions d’exemption. »

Quels sont vos projets et perspectives pour les prochaines années ?

WBC : « Notre priorité est de réinstaller notre proposition de valeur sur la DSP2. Nous devons faire comprendre et connaître le bien-fondé de ce que nous apportons sur le marché.

Nous avons la totale confiance de nos actionnaires et nous sommes au cœur de la stratégie de Oney. Les ambitions de développement de Oney qui visent à faire de Oney le leader européen du paiement fractionné et banque digitale de proximité en Europe, sont porteuses de nombreuses opportunités.

Dans un second temps, nous envisageons également d’aller plus vite à l’international, notamment sur le reste de l’Europe. »

 

 

 

 

 

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