Goldman Sachs s’intéresse au bien-être financier des salariés

Goldman Sachs a racheté en 2003 une société, baptisée Ayco, qui s’adresse aux services RH des entreprises. Elle fournit à leurs salariés des conseils sur leurs finances. Cette filiale annonce aujourd’hui avoir signé un contrat avec Google. Les 60 000 salariés américains du géant du Web vont donc bénéficier d’une plate-forme de gestion des finances personnelles. Un mouvement très représentatif de l’évolution de la stratégie de Goldman Sachs.

L’offre d’Ayco se compose d’abord d’une plate-forme digitale, auxquels les salariés peuvent accéder en toute autonomie. Une fois inscrits, ils doivent répondre à quelques questions sur leur manière de gérer leurs finances ; ces questions sont générées par un algorithme en fonction de l’âge et du poste occupé. Une fois le questionnaire rempli, chaque salarié se voit attribuer un score sur 450 et reçoit une liste de conseils pour l’améliorer.

La seconde brique de l’offre repose sur l’accompagnement d’un conseiller humain, que ce soit sous la forme de séminaires ou de séances de coaching par téléphone. Le conseiller peut aider le salarié à préparer et déclarer ses impôts, lui fournir des conseils en investissement ou en immobilier.

L’ensemble repose sur les principes de la finance comportementale, pour éviter le découragement, favoriser l’engagement des utilisateurs sur l’interface digitale et maximiser l’impact des conseils prodigués, en croisant les approches digitale et humaine.

Notre analyse - Un virage nécessaire pour gérer l’après-2008

Ayco compte aujourd’hui un million de clients, pour des actifs gérés de 75 milliards de dollars (contre 7 milliards en 2003, lors de son rachat). Malgré sa taille modeste, Ayco représente un actif stratégique pour Goldman Sachs, qui pourrait croiser son expertise avec celle de sa filiale Marcus, déjà positionnée sur le segment BtoC. D’ailleurs, Goldman envisage déjà d’ajouter à l’interface d’Ayco des liens vers la vente de produits, comme du crédit ou de l’épargne, de même que la création d’un produit d’investissement spécifique. Ayco pourrait donc rapidement devenir le robo-advisor « grand public » de la banque.

Cet intérêt marqué pour les investisseurs individuels s’inscrit dans le contexte post-crise financière. Il vise à diminuer la dépendance de l’ancienne banque d’affaires vis-à-vis des métiers du trading et de la finance commerciale. Goldman Sachs n’est d’ailleurs pas la seule à afficher ce positionnement. Morgan Stanley, pour sa part, compte déjà 4 millions de clients individuels.

En outre, on constate également que les offres financières aux collaborateurs se multiplient : après le bien-être au travail, la prévoyance, l’épargne salariale, le bien-être financier est en effet la suite logique.

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