Assurance emprunteur : la résiliation annuelle coûte déjà cher aux banques

Assurance emprunteur : la résiliation annuelle coûte déjà cher aux banques

Depuis janvier dernier et dans le cadre de la loi Bourquin, les emprunteurs ont la possibilité de renégocier chaque année leur contrat d’assurance de prêt au moment de l’échéance annuelle. Trois mois à peine après l’entrée en vigueur de l’amendement, les banques ont déjà perdu plusieurs millions d’euros. 

Le courtier Réassurezmoi, qui possède environ 10 % de parts de marché, a causé notamment - à lui seul - une perte de 28 millions d’euros de primes (pour 3 000 dossiers), soit 9 000 euros par assuré perdu. Ce sont les établissements qui possèdent les stocks de crédits immobiliers les plus importants qui enregistrent le plus de pertes, à savoir Crédit Agricole, La Banque Postale et Caisse d’Epargne. A ces trois acteurs, le courtier a fait perdre 13 millions d’euros de primes depuis le début de l’année.

Selon le courtier, les acteurs du secteur ont tendance à sous-estimer ce « choc » de l’assurance emprunteur et son impact à terme, qui, toujours selon lui, pourrait être estimé à plus d’un milliard sur l’année 2018, et qui serait directement lié au départ des clients de ces établissements.

C’est pourquoi les banques tentent de minimiser les dommages en alignant les tarifs de leurs assurances sur ceux pratiqués par les concurrents. 

Mise en perspective : Des emprunteurs de plus en plus informés

La possibilité de résilier son assurance emprunteur, prévue initialement au sein du projet de loi Sapin 2, avait été censurée par le Conseil Constitutionnel pour une question de forme. Le sénateur Martial Bourquin a profité d’un projet de loi ratifiant deux ordonnances relatives à la consommation pour déposer un amendement reprenant cette disposition.

Son but n’est pas de supprimer les assurances relatives à chaque prêt mais offre plutôt la possibilité aux consommateurs de ne plus négocier ces montants lors de la signature de leur offre de crédit et de changer facilement de contrat si celui-ci est contracté auprès de leur banque (85 % des emprunteurs se sentent encore obligés de contracter l’assurance groupe proposée par leur banque – Source : Réassurezmoi). Cependant, les choses pourraient rapidement changer ; un sondage du comparateur Magnolia.fr révèle que 68 % seraient prêts à changer de contrat pour une économie inférieure à 5 000 euros. Un potentiel énorme sur un marché évalué à 6 milliards d’euros dont 85 % sont détenus par les banques (source : FFA, 2016).

Récemment, l’agrégateur Linxo et l’AssurTech française Fluo ont conclu un partenariat reposant sur la mise en place d’un comparateur des différentes assurances et ce, dans le but de de trouver la couverture la mieux adaptée. 

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